le cours des choses

Notes à la marge

Travail/ non travail : angoisses américaines

Publié le 22 Octobre 2016

Nous poserons ici les premiers jalons d'un travail plus vaste sur l'implication réciproque travail/ frontières.

Ce graphique du Bureau of Labor statistics indique le taux de participation à la force travail. Comme on le constate, il est en baisse régulière depuis la crise alors même qu'il avait atteint un sommet historique au tournant des années 2000. Cela fait déjà plusieurs années qu'il est l'objet de nombreux débats aux États-Unis et bien qu'il ait récemment remonté, un éditorial du New-York Times de la semaine dernière (16/10) s'alarmait des ces millions de personnes manquant sur le marché du travail. C'est Janet Yellen la présidente de la réserve fédérale américaine qui a mis cette question sur la place publique lors d'un discours à Jackson Hole ( Lieu du rendez-vous annuel des banquiers centraux mondiaux ) en 2014. Elle s'y interrogeait en effet sur le fait de savoir «  Quelle portion du déclin dans le taux de participation reflète un changement structurel et quelle portion reflète une faiblesse structurelle du marché du travail ? Si le composant cyclique est anormalement important, relativement au taux de chômage, alors il doit être vu comme un contributeur additionnel à la mollesse ( « slack ») du marché du travail. »

En cherchant à expliquer pourquoi, malgré la baisse continue du chômage, les salaires n'augmentaient pas et tentant par là même de justifier le maintien de sa politique de taux très bas, elle venait de mettre au centre de la scène économique l'étrange figure du « travailleur découragé ». Le refus de celui-ci de chercher du travail devenant un déterminant direct de la politique monétaire américaine et donc par là de l'ensemble du cycle économique mondiale.