le cours des choses

Notes à la marge

Travail/ non travail : angoisses américaines (III)

Publié le 24 Octobre 2016

La faute à la drogue ?

Parmi les multiples explications du phénomène que nous allons progressivement évoquer, l'une des plus fracassante, explique ce déclin du taux de participation par une épidémie de consommation de drogue chez les jeunes blancs non qualifiés. Alan Krueger dans son article Where Have All the Workers Gone? Paru le 4 octobre, souligne en effet, en s'appuyant sur des sondages effectués auprès d'hommes n'étant pas dans la force de travail ( men who are not in the labor force – NLF) que la moitié d'entre eux reconnaissaient prendre des médicaments contre la douleur tous les jours. Or un article du New-York Times en janvier avait montré que, du fait d'une épidémie de consommation de drogues, et notamment d'anti-douleurs, le taux de mortalité des jeunes mâles blancs avait recommencé à augmenter ces dernières années. « La hausse du taux de mortalité de ces jeunes adultes blancs en font la première génération depuis la guerre du Vietnam à connaître un taux de mortalité supérieur à la génération qui les a précédé. »

Edward Luce dans son article Life and Death of trumpian america (FT 10/10) n'hésite pas à faire le rapprochement avec la hausse de la mortalité, due cette fois à la consommation d'alcool, qu'avait connu la Russie post-soviétique. Le désespoir sous-jacent à tout cela trouvant par ailleurs un autre réconfort dans une autre drogue dure, politique sous la forme d'un Trump là bas ou d'une Marine ici. De fait, la montée de ces « populismes » est contemporaine de l'explosion de la consommation d'anti-dépresseurs à l'échelle mondiale, i-compris dans des pays considéré comme « bien loti » tel l'Australie, devenu n°2 mondial derrière l'Islande ou l'Allemagne où la consommation a augmenté de 46% entre 2007 et 2011. ( Rapport OCDE 2014)